Voici la version retravaillée de l'"histoire" présentée plus tôt sur mon skyblog. Je l'ai réécrite le 28 avril 2008 aux environs de 17h30 pour la terminer vers 18h45.
Je suis maniaco-dépressif. Ma vie se résumait simplement: j'était un employé modèle ayant toujours eu de bonnes fréquentations et une bonne vie sociale. Je ne buvais pas, ne fumais pas et ne me droguais pas non plus. J'étais marié à la plus splendide des femmes qui puisse être. Avec elle j'ai eu deux beaux enfants: une fille, qui a 23 ans, et un garçon de 17 ans. En bref j'avais la belle vie, j'étais aux anges chaque jour et je faisais tout pour faire plaisir à ma famille. J'étais heureux! Je possédais ma propre maison, ma propre voiture et le plus important: une belle Harley Davidson que j'avais achetée neuve pour mon 40ème anniversaire et que donc je possède depuis 5 ans. J'appréciait vraiment ma vie mais du jour au lendemain tout à basculer soudainement, ma vie a changé du tout au tout et cela à cause d'une broutille...
Un soir je me suis pris la tête avec ma femme pour une vraie bêtise: le fait qu'elle était toujours avec un de mes amis et que je n'avais jamais aucun moyen de la joindre dans ces moments. Cela me paraissait une bêtise mais par après il s'est avéré qu'elle couchait avec lui, je l'ai appris par le biais d'un autre ami. J'ai donc discuté de ça avec elle et sur le moment le ton est monté, j'étais prêt à lui pardonner mais elle m'a dit une chose qui restera à jamais gravé dans mon c½ur, une blessure éternelle: "J'ai changé de vie, je te quitte!". Sur le coup j'ai ressenti comme des milliers de poignards me pénétrer le c½ur et tourner, j'ai été pris de malaises et ne sachant que dire je l'ai laissée partir avec les enfants et suis monté me coucher en pleurant comme un gosse.
Depuis quelques mois ont passés, je n'ai plus aucuns contacts avec mon ex-femme ni avec mes enfants, juste des insultes taggées sur ma maison ou proférées au téléphone à partir d'un numéro privé. Durant les mois qui ont suivis la rupture je me suis laissé aller: J'ai commencé à boire puis à fumer et maintenant j'en suis à la drogue. Au tout début je fumais simplement des joints mais après je suis passé aux champignons et à l'ecstasy pour finir maintenant avec de l'héroïne, de la coke et du speed en quantité plus importante chaque jour. Ensuite j'ai commencer à me faire souffrir physiquement, cette recherche de douleur me faisait du bien mais au bout d'un moment je suis passé à l'extrême: Free Fight en pleine rue et scarifications faciales à la lame de rasoir. J'ai même fait 6 tentatives de suicide: médoc, pendaison, m'ouvrir les veines, etc. Rien n'a marché, je me réveille dans un était vaseux, déçu d'être toujours vivant et sur le coup je me fait un rail. Suite à tout ça j'ai perdu mon boulot, j'ai du revendre ma voiture et ma moto et même hypothéquer ma maison. Mes derniers meubles sont partis ce matin pour rembourser mes dettes. Connard d'huissier! Il me reste juste un vieux mp3 et ma machine à écrire. Je ressemble plus à un clochard qu'à un homme de bonne éducation. Mes vêtements sont crasseux, ça fait plus de deux mois que je ne me suis plus rasé et j'en passe... En bref ma vie est devenue décadente, même mon chien s'est laissé crever. Quand je veux tirer un coup je me paie une pute mais vu le prix je me tapais souvent des travelos, de toute façon quand on est raide il y a aucune différence...
Maintenant je vais écrire mes dernières lignes, décrire ma mort... Je mets le mp3 en route, ça va me motiver même si avec tout l'alcool et toute la coke que j'ai prise ça devrait aller tout seul... J'écoute principalement du métal, ça me détend donc ça va faciliter mon voyage. Il est trois heures du matin, voilà, je m'ouvre les poignets pour la énième fois mais cette fois-ci j'ai été trop loin pour le droit, ma main ne bouge plus, les tendons sont coupés. Je suis gaucher donc ce n'est pas grave. Un autre rail pour la route et je roule un pétard bien corsé tant bien que mal. Je sens la douleur et je la désire plus que tout, c'est une extase sans pareil. Je laisse mon sang couler et je regarde les gouttes tomber sur le sol. Finalement je décide de me faire souffrir davantage, pour le plaisir. Je prend ma vieille cuillère, l'enfonce dans le globe oculaire gauche, sort l'½il de son orbite et l'arrache violement. S'en suit une giclée de sang, je manque de perdre conscience, je vais faire une pause...
Le temps avance lentement, mais sûrement. Ça va un peu mieux. Neaera – God forsaken soil! La boucherie finale va commencer. Je prends le couteau de boucher dont je me suis servi pour dépecer mon chien afin de le manger et je m'ouvre la poitrine. Mes tripes tombes et pendent. Quelle magnifique vision! J'aperçois même mon c½ur battre dans le reflet du miroir! Je me prépare une injection d'héro et afin de faciliter sa diffusion je vais faire battre mon c½ur plus vite... à la main. Je l'attrape et le serre, sur le coup je suis pris de spasmes et je crache du sang. Quelle délicieuse sensation! Cette fois-ci rien ne pourra me sauver! Mais faut que je fasse attention de pas mourir d'overdose, ça serait trop nul et trop facile.
Soudain j'aperçois une lumière. La magie opère, je deviens fou. Une voix m'appelle aussi, quel trip je doit me taper! Le plus étonnant c'est que la voix se rapproche et que finalement j'aperçois une ombre, quelque chose d'impossible à décrire. J'ai l'impression de connaître cette chose mais c'est pourtant la première fois que je la vois. Cette ombre me dit qu'il est temps de partir mais je lui rétorque que je ne veux pas, que je veux finir mon travail. Finalement ce marchand de mort m'accorde un délai pour voir jusqu'où je suis prêt à aller, je ne mourrais que quand je l'aurai décidé. Alors là je me défoule! Une très belle chanson pour m'accompagner: Testament – Return to serenity. Je vais l'avoir ma sérénité! Je me met à fredonner la chanson tout en m'appliquant à me couper la carotide, 2-3 giclées de sang puis je cautérise au briquet "lance-flammes", ceux dont la flamme est presque invisible et continue même si le briquet est retourné. Aller, je me coupe la main droite, elle me sert plus à rien. Je la lance au faucheur qui regarde intrigué. "Cadeau" lui dis-je. Maintenant la faim m'assaille! Une idée me traverse la tête: manger ma chair. Ce n'est pas facile en mordant dedans alors j'en coupe des morceaux et les avale pour les voir passer dans mon ½sophage et tomber dans l'estomac. C'en est risible. Ça fait "Floutch!". Je prends mon pied. Je vais boire mon whisky tranquillement, rien de tel après un bon repas...
La douleur se fait de plus en plus forte. J'adore ça! Finalement je me dépèce et me sert de ma peau comme d'une veste. Cette douleur est la pire et j'exploite cette sensation magistrale. J'en viendrai même à jouir, jouir de mourir. Mon whisky fini je brise le verre et avale les morceaux. Mon ½sophage est ouvert en plusieurs endroits et je sens un liquide couler sur moi, en moi. Je baisse les yeux et aperçois mon estomac troué et les sucs gastriques mélangés au whisky et à ma chair s'en échappe. L'acide des sucs me brûle violement mais je ne vais pas m'en plaindre, d'un côté c'est ce que je voulais. Je commence à délirer, un vieux proverbe me vient en tête: "Main droite de Dieu, main gauche du Diable". Coïncidence, il ne me reste que la gauche! Une dernière chose et je serait prêt. J'annonce à la Mort que nous allons pouvoir y aller mais elle ne répond pas. Selon moi elle est stupéfaite. Pour terminer je reprend mon couteau, place la lame sur le sommet de mon crâne, me penche en avant et fonce comme cela dans le mur. La lame est maintenant 1 ou 2 centimètres au dessus de l'arête de mon nez. Je suis prêt.
La faucheuse m'ouvre soudain une porte et je m'apprête à y pénétrer. Je ne sais pas ce qu'il y à derrière mais ce n'est sûrement pas pire qu'ici, que cette nuit. Il est près de 4h30 et je m'en vais. Mon histoire s'achève, l'histoire de ma dernière nuit...
Toute critique est acceptée du moment que c'est pas un truc du genre "c'est nul" sans raison particulière. J'apprécie les critiques constructives et qui peuvent me servir. Des idées sur tout et n'importe quoi genre faire un dénouement plus long ou parler plus du passé, enfin, vous voyez. D'avance merci.